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les opérations basées sur les effets – une méthodologie

par Rémy Mauduit (Madoui)





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De nos jours, la solution à une crise ne peut être uniquement militaire. Il ne s’agit plus exclusivement de faire une guerre rapide, violente et purement militaire. La résolution des crises modernes nécessite de mieux prendre en considération la multiplicité des acteurs, l’interpénétration des domaines militaires et non-militaires, le rôle croissant des coalitions ainsi que la nécessité de planifier au plus tôt la sortie de crise.

Dans ce contexte, influencer les choix des pays à croisée des chemins, détruire les réseaux terroristes et prévenir l’acquisition et l’usage des armes de destruction massive sont des priorités. Pour y parvenir, il faut être proactif. Pour être proactif, il faut des moyens d’action combinés permettant un effet immédiat, décapitant les menaces considérées. Pour se servir efficacement de ces moyens d’action combinés il faut une approche qui sort du paradigme de la guerre classique au profit d’un modèle de guerre non conventionnelle. La méthodologie basée sur les effets permet une résolution de la crise en faisant intervenir les différents éléments de pouvoir des pays impliqués dans cette crise, en coordonnant l’action des experts civils et militaires. Cette approche innovante consiste à définir au niveau politique, en amont et par consensus entre les agences ou les nations impliquées, un état final recherché. Celui-ci est ensuite décliné en états intermédiaires. Ces états intermédiaires représentent les étapes par lesquelles il faut passer.

L’analyse part d’une lecture systémique de l’environnement. Il s’agit ensuite de définir comment les composantes de cet environnement doivent évoluer et de savoir comment il faut modifier cet environnement. Pour parvenir à ces changements, il faut appliquer des effets. Ces effets vont être obtenus grâce à des actions totalement intégrées sur les plans politique, diplomatique, économique, militaire... L’intégration de toutes ces dimensions est l’apport principal de la méthodologie basée sur les effets. Les effets ne sont plus strictement physiques. Ceux qui seront privilégiés seront ceux qui permettront d’obtenir la meilleure efficacité au vu de l’effet final recherché.

De ce fait, une action sera jugée efficace si elle permet de se rapprocher de l’état final recherché tel que défini au niveau politique. La notion d’efficacité des actions, qu’elles soient civiles ou militaires, est déterminante pour l’obtention de l’état final recherché. C’est au travers de la mesure de l’efficacité (Measure Of Efficiency - MOE) des différentes actions que la campagne est réorientée – si nécessaire – par un processus itératif.

Pour les états intermédiaires militaires, certains aspects de cette méthodologie sont déjà assez anciens. Mais les outils utilisés diffèrent radicalement aujourd’hui de ceux qui existaient auparavant. La mise en œuvre progressive de cette méthodologie est non seulement rendue possible par les technologies de recueil, de traitement et de diffusion de l’information, mais aussi par la furtivité et la capacité à opérer par tous les temps, gages de liberté d’action, et la précision des systèmes d’armes qui permet de calibrer les effets recherchés et autorise le traitement simultané d’un plus grand nombre de cibles par une seule plate-forme de tir. Cette méthodologie permet aussi d’appréhender les opérations en termes d’analyse pré-décisionnelle, de management de l’information, renseignement et de planification. Elle englobe les différents niveaux de résolution de la crise : stratégique, opératif et tactique tout en recherchant la meilleure synergie possible entre outils civils et militaires au travers d’une coopération interarmées, interministérielles, inter-organisations et multinationale et en se concentrant sur la réalisation coordonnée et simultanée d’effets. La méthodologie basée sur les effets se caractérise ainsi par une capacité d’adaptation et de réaction très rapide à l’évolution de la situation sur le champ de bataille. Les différents acteurs, autonomes en principe, avec leur propre chaîne de commandement et des spécificités opérationnelles et matérielles distinctes arrivent, par leur interaction aux différents niveaux stratégique, opérationnel et tactique à agir de manière coordonnée et cohérente dans un processus d’organisation qui remonte de la base au sommet. La mise en réseau de l’information et sa diffusion rapide conduisent à une redéfinition constante des objectifs sur le terrain.

De surcroît, la principale nouveauté de la méthode basée sur les effets réside dans la gestion « globale » des crises. La plupart des armées occidentales sont en train d’implanter ou considèrent l’implantation de cette méthodologie basée sur les effets destinées surtout à identifier l’adversaire potentiel, à déterminer son centre de gravité et ses intérêts vitaux puis à les atteindre préventivement pour l’empêcher d’être en état de nuire.

Vous pouvez aussi lire cet article dans la revue Air & Space Power Journal

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